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Panorama
Les massifs forestiers aquitains
L’Aquitaine, pays de l’eau au temps des Romains, pourrait s’appeler aujourd’hui "Sylvania", pays de la forêt.
Jusqu’au milieu du XIXème siècle, c’était le pays de l’eau, du sable et des moustiques. Faut-il le rappeler, cette belle forêt de Gascogne est artificielle.
Chambrelent et Crouzet, au siècle dernier, ont persuadé les pouvoirs publics et les propriétaires fonciers d’étendre le domaine forestier de cette zone. L’utilité de l’assainissement du pays par les plantations n’était pas évidente. Par contre, l’intérêt économique du pin maritime a été plus convaincant avec, au départ, la résine, les bois de mine et les traverses de chemin de fer.
L’Aquitaine forestière ne se limite pas au massif gascon. La Double périgourdine, le Fumélois et la hêtraie pyrénéenne constituent des ensembles conséquents.
En Aquitaine, la forêt couvre 44% du territoire, de 24% en Lot-et-Garonne à 67% dans les Landes (France 27,6 %). Il convient d’y ajouter quelques 27 000 hectares de peupleraies.
Sur 1 853 300 hectares, la forêt domaniale et communale n’en représente que 8,7%. La part du privé est donc prépondérante et d’autant plus affirmée que, à l’échelon national, l’Etat et les communes se partagent plus du quart de l’espace forestier.
Avec 265 millions de m3 de bois sur pied, la forêt d’Aquitaine, de par son étendue, est la plus riche de France. Elle rassemble 12,5% du total national. Les deux tiers de cette capacité proviennent des conifères, les essences de feuillus occupant le tiers restant.
L’Aquitaine se caractérise par la domination sans partage d’une seule essence, le pin maritime. Celui-ci couvre 60% de la surface forestière régionale et 79% des réserves nationales sont situés dans la région. Cette essence est particulièrement présente en Gironde et dans les Landes.
La production de bois
Jusque dans le milieu des années 1980,les prélèvements de bois étaient relativement stables en Aquitaine, autour de 6 millions de m3 annuels. Ils ont depuis fortement augmenté. Les récoltes 2000 à 2002 ont été exceptionnelles suite à la tempête de décembre 1999. Au-delà, la récolte s’est maintenue autour de 8,5 millions de m3 annuels.
En 2006, la récolte de bois s’élèvait à 8,4 millions de mètres cubes en Aquitaine, soit un volume stabilisé depuis 2003.
En 2009, la récolte régionale de bois atteint un niveau sans précédent. La tempête Klaus du 24 janvier qui a affecté près de 600 000 d’hectares de forêt, et mis à terre près de 37 millions de m3 de pins maritime essentiellement dans la partie sud du massif landais, a considérablement impacté la récolte de bois.
Avec 40% de la récolte nationale, la région Aquitaine se place très largement en tête des régions française.

La production de sciages
L’année 2000 avait vu les sciages culminer à 2 millions de mètres cubes suite à l’exploitation des volis et chablis générés par la tempête de décembre 1999. En 2006 la production de sciages s’élèvait à 1,6 million de mètres cubes. Elle était stable par rapport à 2005. En 2010, la production régionale de sciage, bois sous rails et merrains s’élève à 1,2 million de m3.
Les entreprises régionales contribuent à hauteur de 15% à la production nationale de sciages et positionnent l’Aquitaine à la première place des régions françaises.
Depuis 2001, la production régionale de sciages se contracte sensiblement comme dans le reste de la France.
90% de la production régionale de sciage est assurée par les entreprises produisant annuellement plus de 5 000 m3, 7% seulement des scieries fournissent la moitié des sciages régionaux.
La contraction de l’activité du sciage se traduit par une concentration croissante des entreprises.
Afin de demeurer compétitives, les scieries d’Aquitaine misent de plus en plus sur la qualité. En 2006,le volume de bois certifié a ainsi quadruplé en un an pour atteindre 14% du bois récolté en 2005. En 2009, près de 903 000 m3 de bois certifiés sont sortis des scieries d’Aquitaine. Cela représente 75% du volume total des bois sciés régionaux.
Le séchage artificiel des bois sciés constitue un enjeu concurrentiel pour beaucoup d’entreprises en apportant une plus-value
au sciage. En 2009, un tiers des scieries réalisent du séchage artificiel. Elles sèchent en moyenne 45% de leur production.


